
Huile sur toile – 12 x 18 cm – Original
Je suis assise sur le bord d’un canal à Amsterdam, mes jambes dans le vide se balancent sans que je ne m’en rende compte. Je suis dubitative. Les yeux mi-clos, je contemple le paysage qui s’offre devant moi. Il s’agit d’une péniche nonchalamment installée devant des maisons multicolores. Des couleurs qui invitent à la rêverie.
Ici, à Amsterdam, les fleurs sont partout. Même à bord d’une péniche sombre, des petits bouquets sur des balconnières donnent une petite touche de couleurs qui rend l’ensemble d’une mignonnerie dingue. On dirait un paysage de dessin animé. Cela pourrait aussi être un décor du film Mary Poppins. Ce film m’a tellement marqué. Je l’ai adoré. Les chansons, les couleurs, cette nanny que j’aurais tant aimé croiser sur ma route.
Les maisons sont toutes de travers, les fenêtres également. Leurs pieds s’enfoncent doucement dans l’eau. Il a fallu beaucoup de travaux de rénovation pour remédier à leur nauffrage. C’est humide, certes, mais les intérieurs sont si chaleureux. Tout est décoré avec énormément de goût. Comment je le sais ? Il n’y a aucun rideau, aucun volet. A l’époque, les habitants voulaient montrer qu’ils n’avaient rien à cacher. Et c’est resté.
Mon imagination peut aisément vagabonder. J’imagine des histoires, forcément j’adore ça raconter des trucs ! Ici les plafonds sont gigantesques, les lustres splendides. Des tableaux avec des cadres dorés, comme au siècle dernier, se font face dans le salon d’apparat. La pièce à recevoir est digne de ce nom. Au rez-de-chaussée voire au sous-sol, c’est toujours la cuisine. Là où s’opère la magie des plats à servir, des vins secs ou sucrés, pétillants, blancs ou rouges pour accompagner les canapés et autres grignotis pour l’apéritif dînatoire.
J’aperçois dans la rue des femmes et des hommes arriver en vélo et s’arrêtant pile devant une de ces demeures. Les femmes ont des robes longues et le petit sac à main assorti. Les hommes ont sorti leur chemise en lin et leur pantalon à pince et des chaussures confortables. Certains ont une bouteille à la main, d’autres un bouquet de fleurs. Ah oui, c’est vrai, là-bas, les fleurs sont tout à fait abordables. Il est très facile de se faire plaisir et d’en offrir sans se ruiner. Quel plaisir ! Les trois couples sonnent, la porte s’ouvre, je les perds de vue.
Alors je me relève, je me dis que le monde est sourd.
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