Acrylique sur toile – 15 x 13 cm – Original

Tréveur vit sur la banquise depuis toujours. L’Antarctique, c’est sa grande maison en plein air. C’est un habitué des conditions de vie extrêmes. Pendant l’hiver les températures peuvent descendre jusqu’à -60 °C avec des vents dépassant les 200 km/h. Une dinguerie !

Tréveur vient de fêter ses 6 ans, il est grand temps pour lui de se trouver une âme sœur et de se reproduire. Il en va de la survie de son espèce. Enfin, c’est ce que lui a toujours raconté sa maman. Elle doit sûrement avoir raison.

Nous sommes au mois de mars, au tout début de l’hiver austral, et toute la colonie, enfin les adultes, font une longue marche vers les aires de nidification identifiées par les aînés. Le voilà qui débute son trek vers l’intérieur des terres. Il va parcourir presque 120 km pour atteindre le lieu de prédilection.

Il s’est entraîné, en cachette, pour la parade amoureuse. IL en voulait pas être ridicule le moment venu. Il a appris tout seul à se tenir complètement immobile, à placer sa tête sur son torse, à prendre une grande inspiration avant d’émettre un cri digne de ce nom. Maintenant, il doit mettre en pratique son entraînement devant toute la colonie, suivi par tous les autres mâles en quête du bonheur. Heureusement, le cri ne dure qu’une à deux secondes. Tréveur n’a pas beaucoup de souffle et il fait tellement froid.

Il erre ici et là, quand soudain il se retrouve face à une femelle qui se dandine , allonge sa tête, son cou en cadence avec lui. Le couple est formé. Tréveur est aux anges. Un œuf est pondu ! Elle se dirige délicatement vers lui pour le lui confier entre ses pattes, bien au chaud. Il doit, à tout prix, éviter le contact avec la glace. Pendant que l’élue de son cœur part se nourrir, lui va veiller avec précaution sur son futur petit.

Quelle aventure. Il n’était pas prêt et pourtant il n’a jamais connu un tel sentiment d’extase. Il a hâte de découvrir son petit, de le sentir, de le protéger, de le réchauffer. Il a hâte également de retrouver sa bien-aimée et de partager ces instants avec elle.

Non il ne se sent pas seul. Tous les mâles de la colonie sont avec lui et certains jours, qu’est-ce qu’ils rigolent. Il y en a toujours un pour distraire ses congénères !