
Acrylique sur toile – 21 x 25 cm – Original
Le langage est devenu violence.
Il est là, enfoui, caché, dissimulé. Il peine à se faire entendre. Pourtant, il ne fait que crier. Il est entouré d’une bourrasque d’eau et de feu. Il n’arrive pas à s’en sortir.
Lorsqu’il fait beau, lorsqu’il fait chaud, il se sent plus endormi, anéanti peut-être par la canicule. Il est à la fois inoffensif et léger. Il peut même lui arriver à raconter des histoires drôles. Si, si, je vous l’assure. Il sait séduire, il sait convaincre, il sait raisonner.
Il est tout autre, lorsque l’automne arrive. Il se laisse alors noyé par l’eau et brûlé par le feu. Il étouffe, il souffre. Il ne peut plus se contrôler. Il se met en roue libre. Il ne vit plus, il survit. Et comment ? Par la violence, en toute simplicité, en toute impunité. Il se range derrière cette dernière pour dissimuler son mal être. Il a mal, il est seul, il est perdu.
L’hiver ouvre ses portes l’air de rien. Le froid s’engouffre, la neige remplace la pluie, le verglas glisse dangereusement sur les routes et les trottoirs. Il est où, du coup ? Il hiberne ? Il se cache ? Il a honte ? Il ne le sait pas lui-même. Il se sent toujours déphasé. La violence le rassure, lui donne des ailes. Alors son impuissance disparaît petit à petit. Il se leurre mais c’est ainsi.
La saison dure, la violence perdure. Il est difficile de lutter, difficile d’oublier, difficile de faire sans. Le printemps soudain débarque, l’hirondelle bat des ailes. Il hésite, il apprend tout doucement à sortir de sa torpeur, de cette horreur, de cette vague qui l’envahit. Cette vague qui mouille et qui brûle. Il fait ce qu’il peut. Vraiment ? Il essaie pourtant.
La nature renaît. Les bourgeons sortent à tour de rôle. Les fleurs sont aussi de sortie. Chacune son tour enchante les jardins. Il est là, tapi, penaud. Il ne sait pas, il ne sait plus. Il est surpris aussi de ressentir un apaisement. Le soleil, le ciel bleu l’aident vraisemblablement.
Il croise les doigts pour qu’il ne retourne pas à ses anciens démons enfouis, endormis, prêts à toute éventualité. Et pourtant, pourtant, pourtant, cela continue encore, encore, encore.
Alors il utilise l’eau pour éteindre, le feu pour attiser. Le parfait duo pour nourrir le chaos. Il cède par facilité.
Le langage est devenu violence.
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