Huile sur toile – 24 x 30 cm – Original

L’idée m’est venue un beau matin de printemps.

Alors que je regardais mon bouquet de pivoines fraîchement cueillies dans un magnifique jardin d’une petite maison à Conches-sur-Gondoire, une lumière s’est allumée dans mon esprit. Et si je m’amusais à peindre une petite série de pivoines ? Une petite série de cinq, comme les cinq doigts de la main. Alors, soudainement, tout est devenu limpide. J’écris le concept dans mon petit carnet rouge (rien à voir avec le Président Mao Tse-Toung), juste au cas où ma mémoire me jouerait des tours ou tout simplement au cas où finalement je ne peigne ces superbes créatures que bien plus tard.

Je prends rendez-vous avec mon photographe préféré … Moi-même ! Je réalise une trentaine de clichés en gros plan et en plan plus large avec le vase. Je fais des tests, c’est tellement plus facile avec un appareil photo numérique. Moi qui ai débuté avec un argentique, rien à voir ! Le soir même j’ai l’heureuse surprise de recevoir une photo des mêmes pivoines, venant du même jardin par les propriétaires et amis. Et quelques jours plus tard, une autre ! Les deux sont superbes, impossible pour moi de choisir entre l’une ou l’autre. Du coup, elles feront, toutes les deux, partie de la série c’est décidé.

C’est sept jours, très exactement, avant mon départ en vacances dans le nord, invitée par mes amis, toujours les mêmes, que je débute un premier jet de la série. C’est l’exaltation la plus complète. Je tente les couleurs, pas facile ce rose, fuchsia, aubergine, presque. Et en même temps, leur donner un nom n’est pas mon fort. Elles existent au bout de mon pinceau et pas dans mes pensées. C’est cela tout l’essentiel.

Le challenge, si je l’accepte, et oui, je le prends et l’assume dans son entièreté, c’est d’arriver à ce que les fleurs soient sur les cinq tableaux dans une homogénéité de valeur et de couleur. Une punition identique pour le fond ! D’où la nécessité impérieuse de faire un stage intensif de peinture à l’huile quoi qu’il en coûte ! Me voilà bercée par le chant des poils de martre sur la toile. Un peu de pigments par ici, du medium par là. Le tout par petites touches à la fois précises et imprécises. Et surtout, obtenir le flou de certains pétales pour accentuer la perspective. Pas mal pour une première.