Huile sur toile – 30 x 30 cm – Original

Un petit thé bien chaud de chez Kusmi Tea, des scones, de la confiture de framboise, de la clotted cream, un bon bouquin, 1793 de Niklas Natt och Dag … Qu’il fait sombre tout à coup dans le salon !

C’est alors qu’un éclair zèbre les murs et quelques secondes plus tard le tonnerre fait carrément vibrer ces mêmes murs ! Impressionnant, et presque flippant. Je me lève et jette un œil par la fenêtre. Les baies vitrées de l’appartement résistent comme elles peuvent à l’assaut des gouttes de pluie transformées en grêlons. En quelques minutes seulement, les trottoirs dégueulent d’un flot de flotte venu d’on ne sait où. Les plaques d’égout se soulèvent et retombent bruyamment, les rats quittent le navire !

Bon, j’habite au 5è étage, a priori, je ne crains rien ! A moins qu’un arbre ne tombe sur l’immeuble. Ce qui a bien failli arriver pendant la tempête de décembre 1999. Cette nuit-là, je n’avais strictement rien entendu, j’avais dormi comme un bébé ! Et un deuxième … Comme mon père me l’a appris lorsque j’étais petite, je compte entre la lumière et le son pour déterminer la distance de l’impact éventuel de la foudre. Alors, je compte 1, 2 … Oups, le tonnerre a déjà retenti.

Je recommence encore, encore et encore. Le moment sympathique et intime entre mon esprit et mon estomac, entre ma lecture et ma gourmandise en a pris un sacré coup. Le thé refroidit, les scones également, quant à la clotted cream, elle dégouline lamentablement dans l’assiette. Et pendant ce temps infini, le glas se rapproche. L’éclair et le tonnerre apparaissent simultanément. Alors l’impensable, l’impossible se produit. Un arbre prend feu, tel une torche, pour s’abattre quelques instants plus tard sur l’immeuble d’en face, le rectorat, pour être plus précise, qui fort heureusement à cette heure tardive un dimanche, est totalement vide.

C’est alors que les sirènes des pompiers déferlent dans la rue. Un, deux, trois … camions luttent à l’unisson contre les flammes. La pluie a alors cessé instantanément, les égouts ont repris leur lot quotidien, les rats sont rentrés à la queue leu leu. Rapidement, les casques rutilants retournent à leur caserne, je me refais un thé bien chaud, je croque à pleine dent dans les scones, et reprend la lecture de 1793.

Et c’est ainsi que ma vie reprend, un soir après l’orage …