Acrylique sur carton entoilé – 24 x 30 cm – Original

Mathilda est flamboyante. Sa chevelure rousse, sa peau cuivrée, ses rêves de liberté font d’elle une jeune femme particulière, unique.

Elle a passé son enfance à voyager. Son père, diplomate, lui a fait découvrir la moitié de la planète. Fille unique, sa mère a disparu beaucoup trop tôt. Elle a donc accompagné son père partout. Ils ont été heureux, à leur manière. Sans attaches, l’esprit ouvert et aventureux, ils ont apprivoisé toutes les cultures qu’ils ont croisées.

Parfois rebelle, jamais soumise, Mathilda apprécie l’intimité, les petits comités, les soirées entre amis à refaire le monde. Artiste, elle excelle au théâtre et au piano. L’instrument lui permet de s’évader, de se ressourcer, de trouver l’inspiration. Elle a commencé toute petite. Elle ne savait même pas lire que, déjà, elle domptait le solfège. Des heures et des heures à apprendre, à reconnaître, à deviner parfois. L’apprentissage a été douloureux mais cela valait le coup. Dans la famille on n’abandonne pas, on se bat.

Pour le théâtre, c’est différent. Elle n’est pas seule. Elle fait partie d’une troupe, une seconde famille, plus nombreuse celle-ci. Ils s’aiment, se haïssent, se disputent, se réconcilient. Elle a débuté à l’adolescence parce qu’elle en a eu l’opportunité. C’était plus pour passer le temps qu’autre chose. C’est devenu progressivement une passion. Elle ne pourrait vivre sans maintenant.

Son père, à la retraite, vient toujours la voir à la première. Il lui apporte un somptueux bouquet de fleurs, la rassure, la complimente. Un véritable soutien. Sans lui, la vie serait tellement difficile.

Côté cœur, Mathilda n’est pas très motivée. Elle tient à sa liberté. Difficile de trouver l’âme sœur de nos jours. Elle fait rarement des concessions et puis à quoi bon. Vivre seule la comble de bonheur. N’est-ce pas déjà suffisant ? Elle est heureuse, n’en déplaise à ses détracteurs. Son père a renoncé … De toute façon, le statut de grand-père ne l’enthousiasme absolument pas. Finalement, cette situation l’arrange lui aussi.

Dernièrement, pourtant, elle avait flashé sur son partenaire. Il faut dire que sur scène ils jouaient un couple heureux, très heureux et passaient leurs deux heures de prestation à s’embrasser toutes les deux minutes. Alors forcément … des sentiments se sont glissé subrepticement. Et puis, à la dernière représentation, dans les coulisses, alors que le rideau venait de tomber pour l’ultime fois, Mathilda, presque malgré elle, a murmuré : « Non merci » !